Trek le long de la baie de Douanenez
L’idée était simple : relier Crozon à Audierne en quatre jours, sac sur le dos et regard tourné vers l’ouest, en longeant au plus près la côte par le GR34. Une immersion entre falaises, pointes battues par le vent et plages discrètes, à suivre ce fil rouge de sentier côtier qui serpente au bord du continent.
C’est la première étape d’un projet au long cours : faire le tour de la France, à pied et à vélo. Et comme tout tour commence quelque part, celui-ci débute à la baie de Douarnenez, dans la lumière pâle d’un matin breton.
Jour 1: Brume, pointes et chapelle fermée
Après un passage éclair à la boulangerie pour faire le chargement de sandwichs, nous garons la voiture près du départ.
Rien de gastronomique, mais suffisant pour se poser, le regard tourné vers la mer.
Jour 2 - Une nuit pas terrible
La nuit fut moyenne, disons... un peu trop rustique pour être reposante. On plie le camp doucement, départ à 8h20 de Sainte-Anne-la-Palud. Le soleil est toujours de la partie, fidèle au poste.On redescend vers la plage pour retrouver le GR34, mais il joue les timides : le sentier est difficile à repérer. On tâtonne un peu, puis, après un petit détour, on finit par retrouver la trace. Le chemin longe la côte, direction Douarnenez. Petit arrêt ravitaillement dans un supérette du coin – le genre d’escale toujours salvatrice.
Retour au littoral : on passe la pointe de Tréfuntec, puis les plages de Kervel et du Ris, avant de filer vers Tréboul. Le sentier colle au rivage, mais parfois un peu trop… On s’engage à un moment sur une zone rocheuse où le chemin semble nous surplomber. Demi-tour obligé, dans les cailloux.
Le tracé reprend ensuite son rythme de montagnes russes : ça monte, ça descend, encore et encore. On enchaîne la pointe de Leydé, les Roches Blanches, la pointe de la Jument, puis le phare du Millier, planté là comme un gardien solitaire. Dernier passage par la plage de Pors-Péron, avant de bifurquer vers notre halte du jour.Arrivée au Airbnb réservé la veille, au terme d’une belle étape exigeante.
Jour 3 — Entre falaises, sable et vent
Départ à 7h, seul cette fois. Après réflexion, je me rends à l’évidence : je me sens capable d’enchaîner deux étapes.
Le sac est allégé, la nuit a été récupératrice. Je pars avec la frontale vissée sur la tête, même s’il ne fait pas encore totalement noir.
Quelques minutes plus tard, je suis témoin d’un superbe lever de soleil. Le début du parcours est identique à la veille : ça monte, ça descend, sans répit. Mais je suis bien, je trouve un bon rythme en alternant marche et course.Je passe plusieurs pointes : Luguenez, Castel Roc’h, Penharn, Kerharo, Brézellec… et la fameuse Tour du Van. Quelques plages jalonnent également l’itinéraire, comme celles de Lesven et de Théolen. Le soleil est bien présent, mais le vent, constant, rafraîchit l’air et rend l’effort plus supportable.
Vers 13h, j’arrive à la chapelle Sainte-They, où je fais une pause déjeuner bien méritée. Sandwich, compote, le tout savouré au calme. Je profite de ce moment pour remettre de la crème solaire : le soleil tape malgré le vent, un peu traître.
Je repars avec un objectif en tête : atteindre la pointe du Raz. Le chemin continue de serpenter le long de la côte. Je passe par la plage de la baie des Trépassés, qui restera l’un des plus beaux souvenirs de ces trois jours : une plage encadrée de falaises, avec une vue magnifique sur l’île de Sein. Je croise un voilier au large, un cavalier sur la plage, des surfeurs dans les vagues. Tout semble à sa place.À la pointe du Raz, le point le plus à l’ouest du parcours, le décor devient minéral : des rochers déchiquetés par la mer, le vent qui souffle fort, l’impression d’être au bout du continent.
Il me reste encore plus de 20 km pour rejoindre Audierne. Les jambes commencent à fatiguer, le vent ne faiblit pas, quelques montées supplémentaires viennent pimenter la fin de journée. Le terrain reste exigeant, avec quelques erreurs de parcours au passage.
Les derniers kilomètres sont rudes : les montées sont plus fréquentes, les falaises plus hautes. J’avance à l’économie. J’arrive à Audierne en fin de journée, les jambes bien entamées, mais heureux d’avoir tenu le cap.Au final 3 jours et 140km le long de la côte bretonne sous le soleil.
Le tout avec plus de 2000m D+, la Bretagne c'est presque la montagne 😁









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